Les réseaux sociaux des femmes immigrantes
Auteurs (es) :
Max Stick, Christoph Schimmele, Maciej Karpinski, Amélie Arsenault
Organisation :
Statistique Canada
Date : Avril 2024
Résumé
Dans la présente étude, les données de l’Enquête sociale générale de 2020 sont utilisées pour examiner les liens sociaux des femmes immigrantes avec la société canadienne. La taille et la composition des réseaux personnels des femmes immigrantes variaient selon les caractéristiques sociodémographiques et résidentielles des immigrantes et celles propres aux immigrantes, ainsi que selon le groupe de population. Dans la plupart des sous-groupes, les femmes immigrantes avaient des réseaux sociaux moins étendus que ceux de leurs homologues nées au Canada, même si dans certains cas, la différence était faible. La majeure partie des différences observées entre les immigrantes et les femmes nées au Canada se rapportaient aux liens faibles, et dans la plupart des sous-groupes, il y avait peu ou pas du tout de différences en ce qui concerne le nombre de liens étroits qui composaient les réseaux des femmes. Dans la majorité des sous-groupes, les femmes immigrantes avaient plus d’amis interethniques que les femmes nées au Canada, même si leurs réseaux étaient principalement de composition ethnique homogène.
Mots clé :
capital social, femmes immigrantes, intégration des immigrants, réseaux sociaux
Les Faits saillants
Données et méthodes
Les données de la présente étude sont tirées de l’Enquête sociale générale (ESG) sur l’identité sociale de 2020.
Liens sociaux chez les immigrantes
Principaux concepts
Granovetter (1973) a classé les liens sociaux en deux groupes : les liens étroits et les liens faibles. Les liens étroits font référence aux membres de la famille ou aux amis proches, ou au cercle restreint du réseau social d’une personne. Les liens étroits représentent des sources de soutien social qui diminuent les coûts d’immigration et facilitent le processus d’adaptation (Hagan, 1998; Majerski, 2019). Les liens faibles font référence aux connaissances ou aux personnes relativement déconnectées du cercle restreint d’une personne.
Les caractéristiques sociodémographiques influent sur les différences de taille entre les réseaux des femmes immigrantes et ceux des femmes nées au Canada
Pour la plupart des niveaux de scolarité, les immigrantes avaient un nombre d’amis proches semblable à celui des femmes nées au Canada, mais un plus petit nombre de connaissances.
Les immigrantes au chômage avaient en moyenne 2,7 amis proches, comparativement à 4,1 pour les femmes nées au Canada au chômage.
Parmi les femmes mariées, les immigrantes avaient un nombre d’amis proches semblable à celui des femmes nées au Canada, mais avaient moins de connaissances.
En général, les jeunes Canadiens ont un plus grand nombre d’amis proches et de connaissances que les personnes d’âge moyen et plus âgées (Turcotte, 2015).
Le rôle des caractéristiques des immigrants
Des facteurs tels que le nombre d’années écoulées depuis l’établissement au pays, l’âge à l’arrivée au Canada, la catégorie d’admission et la capacité à parler français ou anglais ont influé sur la façon dont les femmes immigrantes se comparent aux femmes nées au Canada sur le plan de leurs liens sociaux à l’échelle locale.
Le rôle du contexte résidentiel
Le quartier est un environnement essentiel où les immigrantes établissent leurs réseaux sociaux après leur arrivée au Canada, notamment leurs liens étroits avec la région locale.
Différences de taille de réseau entre les groupes de population
La majorité des immigrants (70 %) font partie de groupes racisés, et chacun de ces groupes représente une petite proportion de la population canadienne (Hou, Schimmele et Stick, 2023). La petite taille des groupes combinée à leur préférence pour l’homophilie dans leurs relations avec leurs amis (Cheng et Xie, 2013) peut contribuer aux différences de taille de réseau.
Amitiés interethniques
Dans le cadre de l’ESG, on a posé la question suivante aux répondants : « Parmi tous les ami(e)s avec qui vous avez été en contact au cours du dernier mois, combien ont un groupe ethnique visiblement différent du vôtre? ». Au niveau global, le quart des femmes immigrantes n’avaient pas été en contact avec un ami d’un groupe interethnique et les deux cinquièmes avaient été en contact avec « quelques » amis interethniques
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